Formée à

l'Institut des Sciences de la Famille

et titulaire de

l'attestation de qualification au

conseil conjugal et familial

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Le couple et l'argent

09/08/2018

L'argent est souvent un sujet tabou dans le couple. Dans l'idéal romantique, « quand on aime on ne compte pas ». Parler de comptes, demander des comptes peut être ressenti comme une remise en question de la gratuité de la relation. En parler peut aussi faire éclater des griefs tus depuis longtemps.

 

Mais on est dans l'erreur si l'on croit que les questions d'argent ne sont que des questions d'intérêts en opposition avec l'amour vrai. L'argent représente beaucoup plus que cela, et son usage peut être vécu comme un signe d'amour ou de mépris, comme une manifestation de justice ou d'injustice. Quand « on ne compte pas » on peut aussi désavantager l'autre.

 

 

Instrument de pouvoir

 

En France, jusqu'en 1965, une femme n'avait pas le droit d'ouvrir un compte en banque sans le consentement de son mari. La loi même attribuait le pouvoir à l'homme, notamment sur le plan économique. Ce qui n'empêchait pas que parfois la femme avait le pouvoir réel dans le couple, mais il fallait qu'elle ait vraiment une forte personnalité pour pouvoir renverser traditions et lois pour imposer sa volonté.

 

Aujourd'hui, il est reconnu que la femme a les mêmes droits que l'homme, mais les mentalités restent imprégnées par des siècles de pratiques et d'idées dévalorisantes pour la femme. Il peut donc arriver que des hommes considèrent que le pouvoir financier leur est dû, ou que des femmes estiment qu'elles ont besoin de renverser les choses et de prendre le pouvoir.

 

Il est fréquent qu'un couple décide d'un commun accord que l'un des deux restera au foyer ou travaillera à temps partiel, par exemple pour s'occuper des enfants, pendant que l'autre gagnera plus d'argent. Au moment de la décision, ceci est peut-être considéré comme une répartition équitable des tâches. Mais il arrive que celui/celle qui reçoit le plus gros salaire montre, par son comportement, qu'il/elle considère que l'argent est d'abord le sien. Il/elle estime avoir le droit d'avoir le dernier mot sur les décisions de dépenses, peut-être avoir le droit de garder pour lui/elle de l'argent personnel tandis que le conjoint qui gagne moins d'argent ne reçoit que ce qui est nécessaire pour les dépenses du foyer.

 

Il peut arriver que le pouvoir de l'argent ne soit pas entre les mains de celui/celle qui en gagne le plus, mais de celui/celle qui gère les économies du foyer. Il peut ou non informer son conjoint des décisions qu'il prend, il peut ou non tenir compte de son avis, il peut ou non le considérer comme capable de comprendre les questions économiques, il peut ou non lui donner l'argent qu'il demande...

 

Enfin, il y a les cas extrêmes de ce que l'on appelle la violence économique, qui vise à faire perdre toute indépendance financière au conjoint. Le conjoint violent peut empêcher l'autre de prendre un emploi, ou lui confisquer ce qu'il gagne. Il peut lui demander des comptes pour la moindre dépense, et ne lui donner l'argent dont il/elle a besoin qu'au compte goutte. Cette domination économique est un moyen pour exercer une domination plus totale sur la personne. Il s'agit d'une forme de violence conjugale. Voir : Réagir à la violence conjugale.

 

 

Valorisation et dévalorisation

 

Il y a une inévitable comparaison entre les revenus des deux conjoints. Et il est fréquent que le conjoint qui gagne moins, qu'il soit homme ou femme, ressente une forme de sentiment d'infériorité.

 

Les hommes cependant vivent souvent plus mal que les femmes le fait de gagner moins que leur conjoint, ou pire, d'être au chômage. Ce n'est pas forcément qu'ils souhaitent dominer leur femme, mais une tradition millénaire leur dit que c'est leur devoir d'être celui qui « fait vivre » leur famille, et qu'ils ne sont pas de vrais hommes s'ils n'ont pas la puissance financière. Un tel sentiment peut provoquer de graves difficultés de couple, et particulièrement des difficultés sexuelles pour les hommes se sentant atteints dans leur virilité. Et la situation est bien pire si leur compagne leur fait des remarques désobligeantes sur leur situation professionnelle.

 

Les femmes peuvent aussi très mal vivre une situation professionnelle « inférieure » à celle de leur mari. Cela peut être une forme de confirmation d'un sentiment d'infériorité qu'elles ressentent du fait de leur vécu passé. Pourquoi les femmes vivraient-elles bien ce sentiment d'infériorité ? Certaines supportent très mal une situation de dépendance économique. 

 

Quand la situation professionnelle du couple entraîne un sentiment de dévalorisation fort chez l'un des deux, il peut arriver que celui/celle-ci cède à la tentation de l'infidélité. Pour la personne qui perd l'estime d'elle-même, conquérir ou être désiré par quelqu'un en dehors du couple est un moyen de se revaloriser.

 

 

Demande d'amour

 

La demande d'argent à son conjoint peut aussi être une demande d'amour.

 

Les cadeaux et les dépenses pour l'autre ont une signification très différentes selon les personnes. Attention aux malentendus ! Pour certain(e)s, le cadeau est le plus grand signe d'amour (et c'est bien l'amour qui est recherché, non le cadeau en lui-même), tandis que d'autres ressentiront qu'un cadeau onéreux de la part de leur conjoint est une façon pour celui-ci d'éviter l'obligation de leur consacrer du temps. Ceux/celles-ci préféreraient peut-être une soirée en tête à tête à la maison à une montre de grand prix.

 

Les cadeaux peuvent aussi être faits avec mépris, comme une manière d'acheter l'autre. Comme un prix qui me donne le droit d'exiger certaines choses de lui/elle.

 

Mentionnons enfin les personnes ayant une attitude intéressée par rapport à l'argent de leur conjoint. Cette fois-ci, cela peut être le conjoint qui donne de l'argent ou des cadeaux qui espère en obtenir de l'amour, tandis que l'autre n'accorde son affection ou son attention que lorsqu'il/elle peut obtenir des récompenses matérielles.

 

 

Cigale et fourmi

 

Être ou ne pas être dépensier vient souvent de ce qui a été vécu dans l'enfance. Non seulement le rapport à l'argent des parents, les difficultés financières vécues, mais aussi des angoisses ou fantasmes vécus dans d'autres domaines qui ont des conséquences sur le rapport à l'argent.

 

Même lorsqu'il n'y a pas de tendance à un endettement dangereux, le couple peut être bien éprouvé si l'un des membres est plutôt cigale, et l'autre plutôt fourmi. Les dépenses de l'un peuvent être vécues comme très angoissantes par l'autre, les précautions de la fourmi peuvent paraître étouffantes à la cigale. Ces tendances peuvent être mal interprétées et le conjoint économe peut penser que le conjoint dépensier est irresponsable, égoïste, tandis que le conjoint dépensier peut penser que le conjoint économe est avare, a le désir de tout contrôler, etc.

 

Cette différence au sein du couple est une différence de besoin psychique. Il existe bien des domaines où les besoins de l'un et de l'autre semblent incompatibles. Le plus important est d'abord de communiquer et d'essayer de comprendre ce que ressent l'autre.

 

 

Conclusion

 

Les questions d'argent dans le couple peuvent être source de bien des souffrances, des colères et des malentendus. Cet article est loin de mentionner tous les enjeux liés à l'argent, toutes les causes de sentiments d'injustice.

Le fait de découvrir que des enjeux de pouvoir ont une grande place dans le couple n'est pas du tout une preuve qu'il n'y ait pas d'amour ou que le conjoint ayant accaparé du pouvoir est fondamentalement égoïste. Tous ces mouvements sont ancrés dans le vécu de l'un et de l'autre, et il est possible, par amour, de chercher à les dépasser.

 

Le conseil conjugal peut être un bon moyen pour essayer d'y voir plus clair, de s'écouter et de mieux comprendre les réactions de l'autre.

Comprendre l'autre ne suffit pas toujours à régler une situation éprouvante, mais c'est un premier pas nécessaire.

Une conseillère conjugale et familiale apporte un regard extérieur et vous aide à faire le point.

Une psychothérapie peut être aussi très bénéfique pour les personnes habitées par des angoisses profondes en rapport avec l'argent, ou par une perte profonde de l'estime de soi.

 

 

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Catherine Cantenot,

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